À 5 300 mètres d’altitude, perchée dans les Andes péruviennes, La Rinconada défie toutes les lois de la physiologie humaine. Là où les chercheurs pensaient que l’homme ne pouvait guère survivre, environ 50 000 habitants tentent de mener leur existence, malgré un quotidien marqué par la précarité, la pollution et le manque d’oxygène.
Une ville née de l’or, piégée par ses mines
La Rinconada s’est développée autour d’une mine d’or. C’est la promesse d’un filon qui a attiré des milliers de travailleurs, venus tenter leur chance dans ce décor extrême. Mais derrière l’eldorado supposé se cache une catastrophe écologique et sociale.
Les procédés d’extraction reposent encore sur l’usage massif de mercure et d’autres produits toxiques. Les déchets plastiques s’entassent en montagne, et les infrastructures basiques manquent cruellement. L’eau potable, l’assainissement ou les soins de santé sont des luxes. La ville, privée d’un réel plan d’urbanisme, s’étend dans une anarchie chaotique.
Vivre avec deux fois moins d’oxygène
À cette altitude, la pression atmosphérique réduit drastiquement la quantité d’oxygène disponible : deux fois moins qu’au niveau de la mer. Normalement, cela entraîne hypoxie, essoufflement et, à long terme, des pathologies sévères. Pourtant, les habitants de La Rinconada s’adaptent.
Depuis 2019, une expédition scientifique française se rend chaque année sur place pour comprendre ce phénomène. Les chercheurs étudient notamment le sang, les poumons et le cœur des habitants afin de déterminer comment leur organisme compense ce manque d’air vital. Les plus jeunes sont particulièrement observés, car grandir dans un tel environnement pourrait avoir des effets sur le développement cognitif et physique.
Quand la science s’invite à 5 300 mètres
Ces expéditions permettent de mieux cerner les mécanismes d’adaptation à l’altitude extrême. Certaines populations, comme les Tibétains ou les Quechuas, présentent depuis longtemps des spécificités génétiques qui favorisent la survie dans ces conditions. Mais La Rinconada, par son altitude record et sa densité de population, constitue un laboratoire unique pour les scientifiques.
Les travaux menés pourraient aussi éclairer d’autres enjeux : mieux traiter le mal des montagnes, comprendre certaines pathologies respiratoires… voire aider à préparer de futures explorations spatiales, où l’oxygène sera une denrée rare.
En résumé
La ville est à la fois une tragédie écologique et un laboratoire vivant pour la recherche.
La Rinconada : ville minière du Pérou perchée à 5 300 m d’altitude.
Environ 50 000 habitants y survivent malgré la pollution et l’extrême précarité.
L’oxygène y est deux fois plus rare qu’au niveau de la mer.
Depuis 2019, une mission scientifique française étudie l’adaptation des habitants.






