Quelle est la deuxième langue la plus parlée en France ?

deuxième langue la plus parlée en France

On connaît tous la langue officielle de la République, inscrite depuis 1992 dans la Constitution : le français. Mais derrière cette évidence se cache un paysage linguistique bien plus riche et complexe. Entre langues régionales et langues issues des migrations, la France reste un territoire plurilingue. Et la deuxième langue la plus parlée, loin devant le breton ou l’occitan, n’est autre que l’arabe dialectal, avec environ 3 à 4 millions de locuteurs.

Une mosaïque linguistique en France

La France compte encore près de 72 langues régionales (breton, alsacien, corse, occitan, basque, etc.), auxquelles s’ajoutent les « langues non-territoriales », reconnues depuis 1999 par le ministère de la Culture. Parmi elles : le berbère, le yiddish, l’arménien occidental, le judéo-espagnol, le romani, la langue des signes… et l’arabe dialectal.

Ce dernier a une particularité : contrairement à l’arabe littéral (ou classique), langue officielle dans plusieurs pays, il n’est reconnu comme langue nationale nulle part. C’est ce qui explique sa classification comme « langue de France », intégrée au patrimoine culturel.

L’arabe dialectal, un héritage vivant

L’arabe dialectal est avant tout une langue orale, mouvante et multiple. Ses variétés sont si différentes qu’un locuteur marocain et un locuteur yéménite pourraient avoir autant de mal à se comprendre qu’un Portugais et un Roumain.

En France, il est pratiqué principalement sous sa forme maghrébine (algérienne, marocaine, tunisienne), mais aussi dans ses versions libanaise, égyptienne ou syrienne. Et même dans sa variante dominante, il est difficile de parler d’un « arabe unique » : il s’agit d’un ensemble de dialectes coexistant et évoluant au fil des générations.

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Une langue façonnée par les migrations

L’importance de l’arabe dialectal en France est le fruit de l’histoire migratoire du pays. Les vagues venues du Maghreb, notamment au XXᵉ siècle, ont installé durablement cette langue dans les foyers. Aujourd’hui, elle est transmise de manière variable : certains la parlent au quotidien, d’autres se disent arabophones mais n’en maîtrisent pas un mot.

Ce paradoxe rend les chiffres difficiles à établir avec précision. Selon l’Ined (Institut national d’études démographiques), l’arabe dialectal compte néanmoins plus de locuteurs que toutes les langues régionales réunies.

Un symbole de diversité culturelle

Pour Xavier North, ancien délégué général à la langue française et aux langues de France, ce statut rappelle que la France n’est pas un pays monolingue figé mais un espace où cohabitent des pratiques linguistiques diverses. Comme il le résume : « La langue de la République est une langue d’accueil ».


En résumé

  • Le français reste la langue officielle et majoritaire.
  • L’arabe dialectal est la deuxième langue la plus parlée avec 3 à 4 millions de locuteurs.
  • Il devance le berbère, les créoles, le breton, l’occitan ou encore le basque.
  • Il est classé parmi les « langues de France » en raison de son usage ancien et de sa richesse culturelle.
Eva Thomas

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